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textes 2001 - 2003 (comme Cendrillon apres minuit) | 27 mai 2006

Comme Cendrillon après minuit...
Ma princesse m'a laissée tomber avant d'avoir le temps de lui expliquer. Je rentre chez moi. Je traverse la ville. Je rentre chez moi, seul et je ne veux plus. Même riche, elle m'aurait jeté. J'essayerais tous les souliers de vair pour elle, mais elle ne m'a pas cherché. Je rentre et personne n'est là pour m'écouter chouiner. Mais c'est comme ça. C'est toujours comme ça. Je ne compte plus les nuits à marcher sous la pluie, à regretter mon carrosse, les cheveux mouillés et les yeux aussi, espérant retrouver un peu de chaleur.
HOME SWEET HOME
Cet endroit manque un peu de douceur. Il sent mauvais, la vaisselle s'entasse, la poussière s'envole, irritant mes narines jusqu'à l'éternuement. Ma seule personne, dans ce salon, n'est pas une motivation suffisante pour le ménage. J'en ai marre de conter les mêmes histoires chaque fois que je rentre retrouver mes draps froids. J'avais pourtant mis mon beau costume, mais cela n'a pas suffi à la séduire. Je me suis rasé et coiffé, mais cela... Il n'est pas très tard, et je ne ressemble plus à rien. Envahi par l'odeur de sueur et de cendrier, je n'attire plus personne. Le vin rouge sur ma chemise blanche, me rappelle qu'il y a toujours une tache. Je titube et tape mes épaules contre les murs des ruelles trop étroites ce soir. Je n'arriverai pas jusque chez moi et ce n'est pas très grave. La fête est finie. J'aperçois deux filles en train de faire une pause cigarette à la fenêtre, quelques danseurs infatigables s'agitent derrière elles. Je les regarde. Je leur souris. Elles rentrent. Il fait froid. Je peux reconnaître cette chanson au moment où je passe sous le balcon : « Where is my mind ». Je me serais bien fracassé le crâne contre une brique, mais avec la cuite, j'ai peur de la migraine. Alors je rentre. La tête pleine de lâcheté, écœuré d'un liquide imbuvable, d'un alcool frelaté, qui remonte le long de ma gorge, comme le parfum de pieds ou de mozzarella périmée. Les images devant moi défilent comme un diaporama. Une goutte coule le long de ma tempe.
Cendrillon, à quatre pattes, au coin d'une rue, devant un lampadaire, un filet de bave jaune au coin des lèvres, je suis un prince charmant. Ma fée m'a laissée tomber avant d'avoir le temps de lui expliquer.

Publié par supersly à 21:14:27 dans supersly | Commentaires (0) |

textes 2001-2003 (on dit) | 27 mai 2006

C'est l'hiver, il fait froid. Il est seul, assis sur un banc. Il neige. Paris est blanc. Le ciel est blanc, les toits sont blancs, les gens sont blancs. Ce décor manque un peu de couleur, mais il trouve ça tout de même joli. Cela lui met un peu de chaleur dans la tête. Les rues sont blanches... c'est le printemps. Il n'y a pas de nuage aujourd'hui. Il fait beau. Ils sont deux, allongés dans l'herbe. Le bleu au-dessus d'eux, le vert en dessous. Ils ne se tiennent pas la main, ils ne se regardent pas.Ils se redressent et observent la multitude de jeunes couples heureux, et se rappellent... que l'histoire prend place en janvier, ou en mai, et que ce n'est pas très important. C'est l'automne ou n'importe quelle autre saison, il se sent seul. Il pourrait être dans la capitale, ou dans n'importe quel autre endroit. Connaître le lieu est inutile. Cela ne change rien à la vie des personnages. Il regarde autour de lui, il n'y a rien ni personne. Le paysage qui l'entoure est assez triste, pourtant il baigne dans des couleurs chaudes et rassurantes. Il déteste les petits-déjeuners où il n'a que ses croissants avec qui discuter. Il n'a pas froid, mais il ne se sent pas bien, comme s'il allait tomber malade dans peu de temps. Il ferme la fenêtre, et personne n'est là pour prendre soin de lui. Elle se lève. Elle est belle. Il l'aime. Elle s'approche de lui et l'embrasse. Le café est prêt. Elle s'asseoit et se sert une tasse. Les yeux dans le vide, elle est déjà trop loin. Il la regarde et cela suffit à son bonheur. Il voudrait lui parler, mais il n'y arrive pas, alors il se contente de la regarder. Il ne voudrait pas l'ennuyer avec ses petits tracas. Il est levé depuis deux heures, il a eu le temps de réfléchir. Ses idées sont plutôt roses... ou grises. Il allume une cigarette et observe les formes que dessine la fumée en montant vers les étoiles. Il dépose un baiser dans son cou et se couche. Une fois de plus il s'endormira dans des draps froids, avec comme unique compagne la solitude.

Publié par supersly à 21:11:28 dans supersly | Commentaires (0) |

j'aurai aimé... | 04 avril 2006

j'aurai aimé passer ce dimanche avec toi. dans tes bras. j'aurai aimé que tu ne le dise pas. j'aurai aimé ton odeur. dans mes draps. j'aurai aimé te regarder. partir comme ça. sans se poser la question pourquoi ? j'aurai aimé rester toute la journée. au lit. blotti. pour ne pas avoir froid. en serrant dans ma main tes p'tits doigts.

Publié par supersly à 00:54:31 dans supersly | Commentaires (0) |

Tous les enfants, grandissent. Ils savent très tôt qu'ils... | 22 mars 2006



Tous les enfants, grandissent. Ils savent très tôt qu'ils grandiront.
Assis sur le rebords de la fenêtre, fermée. Je regarde les toits et les étoiles, à travers le rideau en voile. L'épaule me gratte. Comme de l'urticaire. Je remarque quelques petits boutons rouges sur le haut de mon bras. Démangé. Aller chercher quelques cachets, dans l'armoire à pharmacie. Ne rien trouvé parmi...
Je voudrais te demander ce que je peux avaler, mais je ne veux pas te réveiller.
J'ai pas envie que tu t'en aille.
Assumer. Ne pas s'enflammer. Je l'ai laissé se consumer. Il n'y a pas de feu sans fumée. J'ai difficilement allumée. Je tremble trop pour emmener ma cigarette à ma bouche. Et tu ne veux pas que je te touche. De toute manière j'ai pas osé. J'ai préféré me poser. J'ai la nausée. J'ai besoin de m'allonger. Se remettre de ses émotions. Concentrer son attention, pour une meilleur compréhension. Un peu trop de tension pour moi. Je ne me bats pas. Même pour toi.
Regarder les fleurs se faner.
Affamé. J'ai faim. Et j'ai besoin de rien. Prendre sur soi. Garder la foi. 1X, 2X, 3X. Mais je veux pas... m'excuser. Usé de me défendre comme un accusé. Assommer. Besoin de sommeil. ( J'ai écouté toutes les merveilles contées. Ils ne fait pas meilleurs au soleil, je les ai comptées). Toujours pareil. Se réveiller. Essayer d'avoir une bonne tête. Comme un lendemain de fête. Un petit coup d'eau sur le visage, pour paraître plus sage. Comme une image. Surtout, je ne suis pas sur sur tout. J'ai des doutes et j'en ai rien à foutre.

Je ne peut pas te mentir. Je préfère te voir sourire.
Se noyer. Aboyer. Moi qui croyais que... Broyer du noir était salutaire. J'aurai mieux fait de me taire ou peut être en raconter une dernière. Tu as l'air blasé. Te faire rigoler. Regarde moi, je vais me brancher en triphasé. les doigts dans la prise. Une crise, comme a chaque fois que je te fait la bise. Les cheveux dressés, les yeux révulsés. Détendu comme un ulcère. J'ai du lui plaire. J'espère. Tant mieux. Je suis mal à l'aise pour deux.
Je ne peut pas te mentir. Je préfère te voir sourire.
Je veux croire que tout n'est pas morose. Que tu vois la vie en rose. L'écrire en vers et en prose. Je pose une dose sur la table pour me sentir acceptable. Une fable sans morale. Récitation. J'ai jamais été bon... à l'oral.
Pourquoi tu fais la gueule ? Tu préfères peut être rester seul ?
Te laisser t'envoler. Je me suis brûlé. Désolé pour les dommages causés. J'ai cassé. Tout ce qui m'avait déçu. Te courir après dans la rue. Regarder ton cul. Te rattraper, mais te suivre encore. Partir quand je dors. entendre la porte claquer. Sans me dire bonnesoirée. Tu ne t'es pas retournée. Tu sais peut être que je veux
changer. Commencer à ranger. Quand j'ai choisi de parler. Sans, j'ai rien à gagner... et rien à perdre, plus qu'à aller me faire... J'attends un moment. Ma fée m'a laissé quand j'avais quinze ans. J'ai pas besoin de maman je suis grand. Et je ne suis pas Peter Pan. Seulement j'attends
Se prendre en main. pas demain. Et maintenant. Je ne vais pas tombé. Comme A + B. Bercé trop près du mur. Le ciment est dur. Comme les soirs de biture. Sûrement fêlé, je préfère les mots: légèrement paranoïaque à tendance dépressive. Quand j'ai besoin d'affectivité. Quand j'ai pas envie de baiser. Je les fais flipper. J'ai du me tromper. Retard à rattraper. Pourtant j'ai travaillé. Comme stoppé en plein vol. Je trouvais ça drôle, mais pas elle. Une balle dans l'aile. Je veux continuer. Elle ne m'a pas encore tué. Malgré ce qu'elle a insinué. Son discours ne s'est pas atténué. Mais j'ai tenu. Elle est venu. Elle a vu. Et j'ai perdu. Mauvais
joueur. J'ai du commettre une erreur. Attendre la fin de l'heure et les résultats. J'ai pas réussi le test. Je la déteste. Même quand je dis: «s'il te plaît reste». J'ai simulé, il faut faire annulé la partie. Cause trop de pluie. Match pourri. Question à choix multiple. Viser la cible ou à coté. Trop de possibilités. Elle manque d'habileté et de stabilité. Comment trouver la réponse. Sans trop réfléchir. Lire les petites annonces ou préférer vomir.

Publié par supersly à 11:22:30 dans supersly | Commentaires (3) |

je ne me rappelle + rien... de bien | 22 mars 2006


Je ne me rappelle plus rien - de bien - comment tu t'appelles ? - je t'ai déjà dis que t'étais belle ? - comment est elle ? - quelle est la couleur de ses yeux ? - bleus ? - ou encore mieux ? - j'en prendrai deux - je prendrai tout ce que je peux - à trop prendre, j'ai fini par me rendre - c'est pour ça que je ne me rappelle pas - pourtant c'est écrit en gras - avec ton numéro en rouge sur mon bras - je ne lis pas - je vois flou - je ne distingue presque rien du tout - qu'est ce que j'ai pu faire ? - quel itinéraire ? - j'ai du lui plaire - j'espère - j'ai du y croire - juste pour voir - juste un soir - j'ai arrèté de boire pour ne pas perdre la mémoire - j'ai du y croire - Alzeimer - ça reviendra tout à l'heure - pour l'instant - je perds mon temps - j'attends et tant que ... -
je ne me rappelle plus rien - de bien - quand tu disais : « allez viens ! » - mais je ne suis pas ton chien - mon chagrin je l'ai noyé - j'ai oublié - j'ai essayé - de me tailler les veines - pour une vie plus saine - laisser la mienne - regarder la dernière scène - je veux me souvenir - penser au passé - à l'avenir - finir - ne pas courir - ne pas sourire - incapable de mourir - manque de travail - peut mieux faire - malgré des capacités - trop d'inattention - faute grave - avertissement avant renvoie - je crois que trois fois ça suffira - laisse moi revenir en arrière - retour avec un grand R - regarder ton derrière - et te suivre encore - je ne suis pas le plus fort - j'ai peur du minotaure -
je ne me rappelle plus rien - de bien - je trouve plus mon chemin - j'arrive pas à me concentrer - mes jambes commencent à céder - A ... B ... C ... D ... - trop lent - j'ai pas retenue la leçon alors maintenant - je reste en retenue - je manque de tenue - un peu déçu - dans ce labyrinthe - crier mainte et mainte plainte - laisser sa crainte - j'ai perdu le fil - et le film de ma vie défile - je ne bouge plus d'un cil - elle a du mettre dans le mille - un coup de couteau de le dos - je me suis écroulé sans un mot - même pas mal - mes maux me mangent mais ça ne me dérange pas -


Publié par supersly à 11:20:22 dans supersly | Commentaires (0) |

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