• textes 2001 - 2003 (comme Cendrillon apres minuit)

    Comme Cendrillon après minuit...
    Ma princesse m'a laissée tomber avant d'avoir le temps de lui expliquer. Je rentre chez moi. Je traverse la ville. Je rentre chez moi, seul et je ne veux plus. Même riche, elle m'aurait jeté. J'essayerais tous les souliers de vair pour elle, mais elle ne m'a pas cherché. Je rentre et personne n'est là pour m'écouter chouiner. Mais c'est comme ça. C'est toujours comme ça. Je ne compte plus les nuits à marcher sous la pluie, à regretter mon carrosse, les cheveux mouillés et les yeux aussi, espérant retrouver un peu de chaleur.
    HOME SWEET HOME
    Cet endroit manque un peu de douceur. Il sent mauvais, la vaisselle s'entasse, la poussière s'envole, irritant mes narines jusqu'à l'éternuement. Ma seule personne, dans ce salon, n'est pas une motivation suffisante pour le ménage. J'en ai marre de conter les mêmes histoires chaque fois que je rentre retrouver mes draps froids. J'avais pourtant mis mon beau costume, mais cela n'a pas suffi à la séduire. Je me suis rasé et coiffé, mais cela... Il n'est pas très tard, et je ne ressemble plus à rien. Envahi par l'odeur de sueur et de cendrier, je n'attire plus personne. Le vin rouge sur ma chemise blanche, me rappelle qu'il y a toujours une tache. Je titube et tape mes épaules contre les murs des ruelles trop étroites ce soir. Je n'arriverai pas jusque chez moi et ce n'est pas très grave. La fête est finie. J'aperçois deux filles en train de faire une pause cigarette à la fenêtre, quelques danseurs infatigables s'agitent derrière elles. Je les regarde. Je leur souris. Elles rentrent. Il fait froid. Je peux reconnaître cette chanson au moment où je passe sous le balcon : « Where is my mind ». Je me serais bien fracassé le crâne contre une brique, mais avec la cuite, j'ai peur de la migraine. Alors je rentre. La tête pleine de lâcheté, écœuré d'un liquide imbuvable, d'un alcool frelaté, qui remonte le long de ma gorge, comme le parfum de pieds ou de mozzarella périmée. Les images devant moi défilent comme un diaporama. Une goutte coule le long de ma tempe.
    Cendrillon, à quatre pattes, au coin d'une rue, devant un lampadaire, un filet de bave jaune au coin des lèvres, je suis un prince charmant. Ma fée m'a laissée tomber avant d'avoir le temps de lui expliquer.

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