Publié le 31 Mars 2020

AVRIL
Il aimerait être avec elle.
En fait il n’arrive pas à imaginer qu’elle est avec quelqu'un d'autre. Il n'arrive pas imaginer qu’ils partent en AirBnb dans les Alpes ou dans le Luberon ou ailleurs. Il ne peut pas les imaginer en train de dormir dans un champ et de baiser dans la voiture. De partir en week-end pour voir ses amis ou sa famille n'importe où au milieu de la France. Des roulottes, péniches, ou Yourtes. Il ne peut pas l'imaginer dormir à côté de lui dans le TGV qui mène à Paris, à Bruxelles ou à Lille. Mais il faut qu’il se fasse à l'idée, elle vit désormais une autre histoire. Il ne les imagine pas en société, avec leurs amis, ou dans un vernissage, en train de boire des coups. Il ne les imagine pas au resto. Il ne les imagine pas en vacances. Il ne les imagine pas... en couple. Il ne veut pas. Il n’arrive pas à l’imaginer elle, lui demandant de courir dans la rue, la nuit, juste parce qu’elle a envie de courir. Il ne l'imagine pas lui, lui proposer sa veste parce qu’elle a froid. Il ne les imagine pas tous les 2 aux urgences parce que son doigt (ou son genou) s'est infecté et qu'il va peut-être falloir opérer. Mais elle vit une autre relation. Et il n'y peut rien.

You can't hurry love
No, you'll just have to wait
She said love don't come easy
But it's a game of give and take
(The supreme’s, 1966 – Phil Colins, 1982)

Walk out the door
Just turn around now, you're not welcome anymore
Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye
Did I crumble or did you think I'd lay down and die?
Oh no not I will survive
(Gloria Gaynor, 1978, Cake, 1996)

I try to say goodbye and I choke
Try to walk away and I stumble
Though I try to hide it, it's clear
My world crumbles when you are not near
(Macy Gray, 1999)

Where is the love ?
(Black eyed peas, 2003)

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Rédigé par supersly

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Publié le 31 Mars 2020

« Qu’est ce que je pourrais dire ? Qu’à pas encore été dit ? Rien d’inédit. A part que… »
Mais tout ça elle le sait déjà. Il n’a rien à lui dire de plus. Il ne sait pas ce qu’il pourrait faire de plus qu’il n’a pas déjà fait. Il a l’impression d’avoir tout essayer.

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Rédigé par supersly

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Publié le 20 Mars 2020

Il se marre. Il est assis dans sa cuisine. Il ouvre une cannette. Deux ans qu’il est au chômage. Deux ans qu’il ne sort pas de chez lui. Et il entend les gens paniquer autour de lui après une quelques jours enfermés. « Parles-en à un taulard ! Connard ! » Il ne peut pas s’empêcher de rigoler. Pour l’instant, pas beaucoup de changement pour lui.

 

Il a bien fallu sortir hier. Histoire de faire quelques réserves. Il en a profité pour tout acheter d’un coup. Il a des steaks hachés, du lait et du gruyère râpé. Il est allé faire quelques courses au Monoprix. Le rayon pâtes a été dévalisé. Il n’y a plus de pain de mie. Il a pris le dernier paquet de purée… Ils s’approvisionnent en flingues aux États-Unis. Il se dit que malgré leur connerie, les plus cons ne sont pas les Français. Être né sous le signe de l’hexagone n’est pas vraiment une sinécure, mais c’est peut-être pire ailleurs. Il ne peut qu’halluciner en regardant l’étalage de café vidé. Il ne vit pas dans un bunker. Le monde est taré. Il avait l’espoir que la solidarité allait s’organiser. En regardant ce qu’il reste comme Sopalin et comme PQ dans le magasin, c’est pas gagné.

Il a rempli son Frigidaire de bières. Il a des cacahouètes, de l’herbe, des feuilles et des clopes. Fier, il peut tenir quelque temps. Pour l’instant pas la peine de faire une syncope. Il a de quoi aller de l’avant. Il n’est pas inquiet. Pas de parano. Il est prêt. Il regarde son frigo, ouvert. On verra dans un mois et demi. Son dealer lui a fait cette réflexion de philosophie. Il achetait de la weed pour être tranquille les jours suivants. Il lui a dit : « On pense que parce que le soleil se lève tous les matins. Il continuera à se lever jusqu’à la fin. » Apocalypse. Ragnarök. Collapsologie. Il réfléchit à cette conception de l’avenir et de la vie. En science, si on répète la même expérience plusieurs fois et que le résultat est le même, on peut conclure que c’est une loi. Et des fois, ça rate…

 

Le président a fait son allocution lundi. Il a demandé à tout le monde de rester chez lui. On est jeudi.
Il est peinard comme d’habitude, dans son appartement. Il en a marre, il ressent la solitude. Mais pas plus qu’avant.

Prendre une cuite tout seul… Un apéro sur Skype… Le commun des mortels découvre ça. En célibataire, il préfère en rire. Ne racontons pas n’importe quoi. Il ne peut simplement pas sortir, pour l’instant, avec ses amis boire un coup. En même temps, en ce moment, il ne les voyait pas beaucoup. Alors ça ne change pas vraiment…

 

Il a appelé sa grand-mère. Prendre de ses nouvelles. Il l’appelle une à deux fois par mois. Ou plutôt une fois tous les uns mois ou deux. Soyons honnêtes, soyons sérieux.

 

Son meilleur ami a dévissé. Il a regardé le Fléau de Stephen King. Le film en plusieurs épisodes avec la crème des acteurs de séries de M6 (avec Rob Lowe). Il a décidé de partir en exode rurale. Il veut rejoindre le Sud. Et retrouver Abigaëlle. Ça va être rude. Ils se sont téléphoné avant de partir, vendredi. Il lui a promis. Il l’y a une place dans la voiture. Mais il a préféré rester chez lui. D’après son pote, ça va être dur.

 

Son ex est partie à la campagne avec son nouveau mec. Elle a préféré fuir la ville et tout ce qui va avec. Elle a sûrement eu raison. Ils seront plus heureux loin. Il aimerait être avec elle quand il tourne en rond. C’est rien. Ils ressortiront plus amoureux. C’est dans l’épreuve qu’on se rapproche. Pour eux, c’est mieux. Pour lui, c’est moche. Mais il ne sera pas plus envieux qu’auparavant.

 

Dans 45 jours il sera encore là. À peine plus déprimé que ce qu’il était quand tout cela a commencé. Il s’est entrainé.

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Rédigé par supersly

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Publié le 19 Mars 2020

Entropie : nom féminin (allemand Entropie, du grec entropê, action de se transformer)

  • Nom donné par Clausius à la fonction d'état notée S qui caractérise l'état de « désordre » d'un système.
  • Dans la théorie de la communication, nombre qui mesure l'incertitude de la nature d'un message donné à partir de celui qui le précède. (L'entropie est nulle lorsqu'il n'existe pas d'incertitude.) [1]

 

Il a envie de crier. Il a envie de tout casser. Enfoncer son poing dans le mur. Traverser le plâtre avec sa main. Il se brisera peut être quelques phalanges. Plus rien ne le dérange. Il voudrait tout foutre en l’air. Dans ce désordre, il y verra plus clair. Il n’est pas très violent mais ce type, il a envie de le combattre, de lui faire regretter d’avoir gâché sa vie. Il a détruit tout ce qu’il avait construit. Désormais à son tour de tout démolir et regarder son monde brûler dans un éclat de rire.  

 

Il voudrait lui faire la gueule.

Il voudrait lui refaire la gueule.

 

Dans l’octogone. Free Fight. Façon krav-maga. Il commence par deux coups de latte dans les couilles. Il ne pourra plus procréer après ça. Une première victoire avant de lui faire une clé de bras et de lui briser tous les doigts.

 

Sur le ring. Façon combat de boxe. Genre Mike Tyson ou Evander Holyfield. Il tape dans les tempes. Il lui casse le nez, l’arcade et la mâchoire entière. Il va lui niquer sa mère. Crochet du gauche, crochet du droit, uppercut. Il veut voir cette pute au tapis. K.O. Technique. Ce p’tit enculé ne se relèvera pas. S’il pensait que tout ça allait bien se terminer, c’est raté. Tout peut changer. Le maigrichon va lui expliquer ce que la haine peut générer. Lui montrer à quoi il ressemble quand il est énervé. Une vengeance vindicative. Au pire, il lui croquera le lobe de l’oreille et le recrachera comme un vulgaire noyau d’olive.

 

Entre plusieurs voitures, placées en cercle dans un parking souterrain. Façon Full Contact. Il pourrait lui sauter dessus, les dents serrées, le regard ingurgité de sang et avec l’envie de le défoncer. Il le ruera de coups. Il a tout gâché. Il a tout prit. Donc maintenant il veut sa revanche. Un combat de coq.

 

C’est pas ça qui la fera revenir. Elle ne reviendra pas. Mais, il a besoin de ça.

« Je peux pisser plus loin que toi. Crois-moi. Même si j’ai la vessie pleine. Même si la mienne est plus petite que la tienne. » 

Il a sa technique secrète. Il le déteste. Il va le bouffer tout cru. Il ne faut jamais s’avouer vaincu. Il l’a apprit dans DragonBall. Il est son pire ennemi. Il va lui mettre une tôle. Il rêve de lui exploser la tronche, de le défigurer. Il fera moins le malin avec sa petite gueule d’ange. Deux hématomes de chaque côté du visage. Son regard de séducteur et son sourire de vainqueur, désormais, il le range au fond d’un tiroir. Il ne le ressortira pas tout de suite, en tout cas pas ce soir.

 

C’est écrit dans le décalogue.

« Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain ; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » [4] 

 

Donnez-lui une corde, il le pendra haut et court pour trahison.

La pendaison est le fait de suspendre une personne, au moyen généralement d'une corde, mais aussi parfois de chaînes, par le cou ou par d'autres parties du corps, soit à des fins de torture, soit en guise de peine de mort (en pendant le supplicié à une potence avec l'aide d'un « nœud de pendu » ou d'un « nœud coulant »), soit dans un but de suicide ou de jeu. Elle entraîne une rupture du cou ou une suffocation, une impossibilité de respirer et enfin la mort. La pendaison peut également être accidentelle : parachutiste tombant dans un arbre, personne faisant une chute et s'entortillant dans un lien, accident de fil de pêche, etc.

 

En tant que moyen d'homicide, celui-ci est attesté dans la plupart des civilisations, car il entraîne une mort rapide, facile (il suffit d'avoir une corde et un poteau ou un arbre) et sans aucune effusion de sang. Dans le cas des condamnations à mort, la pendaison a un aspect exemplaire car elle se pratiquait en public et le corps restait sur le lieu de la pendaison plusieurs jours accroché à son gibet.

 

De nos jours, la pendaison est encore utilisée très souvent, surtout dans le cas de suicide, de peine capitale (notamment au Royaume-Uni, jusqu'à son abolition, ainsi qu'au Japon et dans la cité-état de Singapour) et plus rarement, de meurtre (dans la plupart des cas, quand le ou les meurtriers veulent faire passer un homicide pour un suicide). [5]


Donnez-lui une lame, un chlasse, un cran d’arrêt, ou un surin. Il l’entaillera doucement en mode supplice nippon. Des trucs testés pendant la guerre du Viet Nam, ou pendant la seconde guerre mondiale au Japon. Des trucs à base de bambous, de fourmis rouges, ou de gouttes d’eau simplement. Ces gens là sont intelligents. Les mecs ont théorisés sur la torture. Ils sont devenus pointus. «
 Des professionnels je te rassure. Ça fait un peu mal… Surtout au début. » 

 

Jouer avec ses ongles ou avec ses dents (genre les nazis dans Marathon man).

Avec une perceuse et une petite mèche, commencer à percer dans l’incisive. S’arranger pour que le patient reste la bouche ouverte. C’est important ! Et atteindre calmement la racine.

 

Donnez-lui un flingue, il jouera à 2Pac / Biggie, West coast / East Coast. Ou mafia marseillaise. Il a perdu son poste et il le baise. Exécution. Expédition punitive. Rafales de balles, sur une terrasse de café. Il aimerait le rayer de la carte. Il n’existe plus dans son paysage. Il faut qu’il parte. Il faut qu’il dégage. Mourir en martyr. Ou s’enfuir. Pourquoi pas un séjour au paradis ? Cette ville est trop petite pour deux. Et la côte bleue est bien plus belle sans lui.

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Rédigé par supersly

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