Publié le 16 Février 2007

27 comme Kurt. « Je te jure c'était juste un flirt ». Elle n'était pas terrible. Elle m'a pris pour cible. Je suis sensible, alors j'ai pas réussi à résister. Ne sois pas triste et essayes de ne pas y penser. Promis, on a juste baisé. Même pas discuter. On ne devrait pas se disputer. Tu peux me croire, pas besoin de me faire dépister. Tu ne veux pas t'asseoir ? Dormir ici ce soir ? Te ressaisir, parler de l'avenir. Je ne vais pas te mentir. Je ne vais pas mourir de chagrin. Je ne suis plus un gamin. Je me plaint et feint de ne plus avoir faim. Enfin, je prends le couteau dans mes mains et... oh... Je ne vais pas me tailler les veines dans mon bain. Tout ça n'en vaut pas la peine. J'ai de la peine mais freine mon hypersensibilité. Ne pas céder à la tentation et en une fraction de seconde, se retrouver dans le lit de cette dame, blonde. Un drame plein de came comme Amsterdam. Amstramgram ou chifoumi, j'ai perdu la partie, partie, je suis maintenant le meilleur ami, celui qui écoute tout ce qu'elle dit, sans envie toujours en vie. Epris. Et qu'elle regarde avec mépris. Tant pis. C'est déjà ça de pris. Je voulais me marier. Emménager dans un 3 pièces meublé, prévoir une chambre pour le bébé. Réhabiliter avec habileté la réalité et éviter l'agressivité, les coups de pression et la dépression. Je ne suis plus ce p'tit con. Elle aurait pu rester à la maison. Recoudre mes boutons. Choisir la décoration du salon. Peut être qu'elle a raison. Tout ça a été trop vite. Tuer le démon qui m'habite. Tout ça pour un coup de... Peut être qu'elle a raison. Aller chercher du mobilier chez Ikea. Ce n'est pas un idéal en soi. Et elle n'aime pas le design suédois. J'ai perdu le mode d'emploi. Mais des fois, je veux essayer de construire, 27 ans et pas envie de vieillir... seul. Celle que j'harcèle maintenant m'a laissé sur le sol. En disant : « Vu du ciel la vie est belle. »
27 comme Kurt. De sorte que tout devrait s'arrêter là, trop vieux pour ça. Et trop pour peu pour moi. J'ai passé l'age de devenir une star, car la gloire ne sourit pas à ceux qui se lèvent tard. Tant pis pour cette carrière ratée, et pour ces événements manqués. Je suis encore en bonne santé. Et je ne suis pas là pour me vanter. J'ai passé l'age de tourner en rond comme un lion en cage au zoo de Vincennes, jamais sur le devant de la scène. J'ai réussi à vous ennuyer. Effrayer, je voulais essayer, même maquiller, je ne fais peur qu'à moi-même, public je t'aime et j'ai oublié de trouver d'autres thèmes. J'ai la flemme. Autres situations. Une révolution, silence action. Trouver quelque chose à faire. Ne plus rester par terre. Se relever. Se diriger vers le canapé. Ne plus s'ennuyer. Mais je ne resterais pas allongé. Je vais me réveiller. Arrêter de bailler, trouver du travail et prendre un crédit, passer mon permis et ne pas vivre avec comme unique revenu le rmi, trouver un cdi par l'anpe payer la csg et profiter de mes rtt. Mais je ne resterais pas allongé. Je vais me réveiller. Petit prince mince, je rêve, mais je me pince. C'est moche. Je m'en fous. Je m'accroche. Plus saoul. Plus fou. Demain, j'arête tout. Peut être un peu relou. La musique qui fait du bruit. Je ne porterais plus de baggie, les cheveux aplatis et je jette mes piercings lundi. Echanger la misanthropie contre la mégalomanie. Nostalgie. Et si j'allais en boite de nuit. Peu de raison pour sortir. Assis sur le sofa en cuir. Je vais sourire peut être même rire. Regarder la télé pour me divertir. Et m'endormir devant les programmes de la nuit. Les génériques soporifiques devenant ennui. La lumière stroboscopique m'empêchant de fermer les yeux correctement. Mais pas d'insomnie. Maintenant c'est fini. Je m'endors soulagé. Attendant une autre journée. Un peu mieux que celle qui vient de se terminer. Miné.

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Publié le 17 Novembre 2006

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Publié le 17 Novembre 2006

Je suis vieux. Tant mieux. J'attends encore un peu. Pas obliger de me lever. Je n'ai plus l'age de prendre une fessé. Je ne suis pas pressé. Pas stressé. Ce matin je crois que je ne vais pas me laver. Trembler et Baver dans mon café. Parkinson. Pas de réveil qui sonne. Il ne fait pas beau et il est trop tôt. Je m'ennuie, je n'arrive pas à finir ma nuit. Sortir du lit. Impossible de dormir. Allumé la lumière. Je prends mes dents dans le verre, posé à coté des somnifères sur la table de chevet. Se gratter entre les pieds cornés avant de chausser ses pantoufles. Un grand souffle et se redresser, se diriger voir le miroir. Pour voir. Pour rassurer. Je suis encore bien conservé. J'ai pris du bide. Quelques rides. Mais j'ai encore mes cheveux. Retirer son pyjama, pour enfiler mon pantalon en velours vert offert par mes petits enfants pour mes soixante trois ans. Petit déjeuner. A neuf heures terminé. Se dépêcher de manger, car après il faut ranger. J'ai rien à branler de la journée, mais rien à changer. Je suis vieux. Trop pour continuer à exercer mon métier. J'étais pourtant qualifié. Départ anticiper, ils ont décidé de restructurer. Je n'ai plus l'age de prendre une fessé. Je ne suis pas pressé. Pas stressé. La dernière, pour le pot de départ. Une soirée en or. Clairette et olive noire. La secrétaire, des collègues avares. Pas très bavard, j'ai évité le discours avant de partir. Avant de dire ce que je pense réellement. Complaisant. Je suis content, ou je fais semblant. J'ai le temps, pour faire ce que je veux. Du bricolage ou du jardinage. Je n'ai plus l'age de prendre une fessé. Je ne suis pas pressé. Pas stressé. La retraite. Attendre simplement que l'assiette de blettes soit prête. Que la chambre soit faite. Et d'avoir le droit aux cigarettes. Fumer à ma fenêtre, comme à quinze ans, quand maman ne voulait pas que je fume sous son toit. Laissez moi avec mon cancer, en tirer une dernière. Je ne fais pas le fier, mais mourir pour mourir, souffrir pour souffrir, ne m'enlever pas ce plaisir. Trachéotomie comme sodomie, j'aime le goût du tabac, laissez moi juste ça. J'ai arrêté l'alcool, à cause de mon taux de cholestérol. Je suis vieux. J'ai le droit de doubler les gens dans la file d'attente avant la caisse des supermarchés. Fatiguant d'aller au marché. Je n'ai plus l'age de prendre une fessé. Je ne suis pas pressé. Pas stressé. Les jambes lourdes, Je ne peux pas marcher trop longtemps. Mais maintenant que je vis à l'hospice je ne fais plus mes commissions. Une information, n'est pas allée dans la bonne direction. Se tromper de route à la première intersection. Se retrouver dans un cul de sac. J'ai fait ce qu'ils appellent une attaque. Je ne sais pas vraiment ce que c'est, ce que les médecins ont voulu dire, mais c'est ce que j'ai fait, soit disant cela aurait pu être pire. Je suis vieux. Je marche dans le couloir qui rejoint le réfectoire. Me tenant a la balustrade. En ballade. S'enfuir. Je n'ai plus l'age de prendre une fessé. Je ne suis pas pressé. Pas stressé. Si je prends le train, je demanderai au jeune employé de le SNCF, d'apporter mes bagages, et de pousser mon fauteuil roulant jusqu'au wagon. Vieux con, qu'il le veuille ou non, service promis par la compagnie. De me porter jusqu'à mon place. Voiture 7, siège n°64, dans le sens de la marche, coté vitre. Faire le voyage sans pouvoir se lever, ni pour aller pisser, ni pour aller me chercher un café. J'ai droit aux places réservées dans le bus. Un avantage en plus. Je suis vieux. Le respect m'est du, et j'espère d'une part rester encore un peu, et d'autre part pas trop longtemps non plus. Je ne sors plus qu'une fois par an. Je ne lis plus ce qui est écrit en petit. Je ne bande plus tellement. Et je n'ai pas souscrit d'assurance vie.

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Publié le 27 Août 2006

Encore en retard. Plus personne devant la grille. Passage obligée au bureau de la conseillère d'éducation. Bulletin de retard. Il ne m'en reste déjà plus beaucoup. Je vais encore me faire engueuler. Désolé je ne me suis pas réveillé. Pas vraiment excusé. « Tu devrais cesser t'amuser » « je sais c'est abusé ». Arrivé en cours de mathématique. Je vais devoir recopier les exercices pratiques. Je les ai pas fait et cette enculée va sûrement m'interroger. Essayer de se planquer au fond la salle. Pas besoin de se donner tant de mal. J'ai à peine appuyé sur la poignée que Mme Bonal m'a renvoyé. Normal. J'ai pas le moral et je me rattraperai à l'oral. Attendre une heure de plus avant de la voir. Je n'ai pas encore réussi à l'avoir. C'est de son corps que je rêve le soir. Elle va me prendre pour un cancre ou pour la bête noire. Pas assez mur pour un dur. Trop sot pour un intello. Dix heure moins dix, récréation. Je sèche le cours d'après de toute façon. Je ne resterai pas tant que je n'aurai pas trouvé la solution. Réorientation. Je ne suis pas assez bon en récitation. Ils proposeront obligatoirement le redoublement à la fin de l'année. Pas la peine de s'acharner. Je vais pas décrocher mon BEPC à l'arrachée. La regarder au fond de la cour les grands qui lui fond la cour. Ils ne savent pas ce qu'est l'amour. Lui proposer simplement d'aller faire un tour. Elle ne peut pas y croire. Elle ne va pas se faire avoir. Par ce grand con avec le T.shirt et la casquette Raiders noirs. Récrée fini. La sonnerie retentit. Histoire. Pour voir. Réfectoire. Au menu steak hachée purée. Ca peut plus durer, j'ai besoin d'être rassuré, et de manger chez moi devant une série télé ou des dessin animée. Elle est devant moi, dans le rang. Un peu a cran. Je l'aime tellement. Elle ment. Quand elle dit : Oublie dans un an c'est fini. Si seulement elle se rendait compte que c'est la femme de ma vie. Elle arrêterait de donner son avis. Elle serait ravie. Elle se retourne, elle sourit... au type en bombers gris, qui a déjà seize ans et demi. Tant pis Perm. Putain la ferme. Bavardage incessant. Empêche les autres de travailler. Refus d'obtempérer. Carnet de correspondance non signée. Obliger de sanctionner. Pour mettre un thermes à ce chahut en permanence. Une heure de retenue. Anglais. Yes it is. Ce soir je lui fais la bise. Peut être me laissera t elle la raccompagner. Je vais soigner mon discours. Peut être réciter un poème d'amour. Un truc qui rime avec toujours. Un truc que j'ai écrit pour elle, pour lui dire qu'elle est belle, que j'ai envie de sortir avec elle. On s'est aimé le temps d'un action ou vérité. Je l'ai embrassé. la boom de Chloé. Une petite amie le temps d'un pari. J'ai sourit quand elle m'a dit. A la fin de l'après midi : « C'est fini ». On reste ami ? Promis. Prochain samedi. Je me fait beau et j'assure. Chemise, gel dans les cheveux et courage. L'inviter à danser un slow. Lui chanter dans l'oreille, sa chanson préférée. J'ai appris les paroles des Bangles par coeur. Close your eyes Give me your hand darling Do you feel my heart beating? Do you understand? Do you feel the same Or am I only dreaming? Is this burning? An eternal Flame La tête posée sur mon épaule, Mes mains sur ses hanches, Les siennes atour de mon cou. Elle est belle dans son Body. Et je crois que je n'ai rien compris. Ca ne va pas faire plaisir à ma mère. Quand elle lira sur mon bulletin scolaire. Des capacités mais peut mieux faire. EPS terminé. Dernier cours de la journée. Je vais bientôt pouvoir rentrer. Aujourd'hui, j'suis pas collé. Je marche dans le couloir du gymnase, le long du crépi bleu. Dans mon jogging en polyester, offert par le conseil général du Val de Marne. Eclairé par les quelques néons encore en fonctionnement. Je rejoins mes camarades. Je sors du gymnase. Un peu naze. Une seule phrase: "Mon équipe à encore perdu". Vaincu. Je ne supporte plus d'écouter.............Les autres m'en veulent pour le dernier panier manqué. Et pour les autres aussi. Je préfère les jeux vidéos. Si j'avais su je serai resté en permanence. Dispensé. Je suis toujours l'avant dernier qu'ils choisissent quand il font les équipes. Je flippe. Je ne ressemble pas à ces types. Le dernier c'est le gros ou le gogol. Je m'affole. Depuis la petite école. Au centre de loisir c'était déjà comme ça. Voir pire. Je rejoins les vestiaires. J'enlève mon survêtement. Un ami arrive derrière moi et descends mes sous-vêtements. Je rigole. En finissant de m'habiller, j'enfile mon jean. Le walkman dans ma poche a disparu. Je me retourne. Beaucoup d'élèves sont déjà sorti. Il est cinq heure et demi.

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Rédigé par supersly

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Publié le 28 Juillet 2006

Ils se sont réveillés ce matin, dans les bras l'un de l'autre. MENSONGE. Elle dormait sur le coté. Il ne voyait que son dos. Il attrape son téléphone pour regarder l'heure. 06:00. Il n'a pas beaucoup dormi. Il n'est pas fatigué. Il n'a pas envie de dormir. La chaleur moite du mois de juin, l'empêche de rêver. Sa peau colle à la couette. Il transpire. Il se découvre un peu, laissant apparaître son maigre torse. Il passe sa tête au dessus de son épaule, pour la regarder dormir. Il se ralonge, croise les doigts derrière sa nuque et attends. 07:00. Il somnole encore un peu. Bercé par les sifflements que sa bouche laisse échapper. Il reste dans cette position, les mains derrière le crâne. Vide. 08:00. Elle ouvre enfin les yeux. Elle ne le regarde pas tout de suite. Elle se frotte un peu les paupières, pour les décoller. Elle ne sourit pas. Elle a le regard ailleurs. Peut être vont ils vers un autre. Déçu, il fait semblant de dormir et se retourne sur le flanc. Une seule phrase: «parfois la vie n'est pas une chienne». Il craque. Change de sens en souriant. Il veut la serrer dans ses bras. Il craque toujours le premier. Peut être n'a t'elle pas besoin d'affection? Peut être n'aime t'elle pas la chaleur de ses bras? Peut être qu'il pue, après avoir sué toute la nuit? Il n'a presque pas dormi. Il regrette déjà. Insomnie. Il a le temps. Il ne se sent pas bien. Il veut parler. Elle dort. La journée ne s'annonce pas trop mal. Pourtant, il ne se sent pas bien. Son coeur s'accélère. Quelques palpitations. Sueurs froides. Montées de chaleurs. Ses mains sont moites. Il essaye de les essuyer discrètement sur les draps. Un peu tendu. Il a mal au cou. Il tord sa tête et fait craquer ses vertèbres. Une tension au niveau des épaules. Rien de grave. Elle est là. La vie est belle. 09:00. Il reste allongé sans dormir. Pensée par association d'idée. Oubliée. Regarder les cartes postales accrochées au dessus de la table de nuit. Compter les fissures sur le mur... 10:00.Il ne supporte plus de rester les yeux grands ouverts. Il en a marre d'être seul, dans ce grand lit. Mais il ne peut s'empêcher de remuer, de faire un peu de bruit, de la pousser doucement. «Excuse moi, je t'ai réveillé? Je voulais pas, je suis désolé». Il veut lui faire l'amour. Il aime faire l'amour le matin. Il attend encore quelques instants. Elle est un peu endormie. 10HO2. Il s'approche. Et lui susurre ces quelques mots: «J'ai envie de toi». 11:00. Il se lève. Il prends la grande carafe en plastique transparent et la remplie d'eau tiède sortie du robinet. Il a soif. Le goût de javel n'est pas vraiment désaltérant. Il retourne près d'elle et lui serre un verre. Une fois terminé, elle pose sa tête sur sa cagethoracique et l'entoure avec ses bras. A quoi penses t elle? Il pourrait rester ainsi pendant des heures. A compter les battements de son coeur. 12:00. Ils se lèvent enfin. Il la regarde enfiler sa culotte. Il aime regarder ses fesses sortir du lit. Il aime la regarder s'habiller. Il se dirige vers la cuisine et comme s'il était chez lui, il met de l'eau dans la casserole, la casserole sur les plaques électriques et commence à préparer du café. Elle sort de la salle de bain. Les cheveux en vrac, les yeux encore un peu rouge du sommeil. Un rayon de soleil s'échappe de la fenêtre pour venir découper sonvisage et l'éblouir. Elle fronce les sourcils et laisse apparaître la petite ride du souci sur son front. Elle attrape son paquet et allume une cigarette.Ce matin, il ne fera aucune réflexion. Il ne sera pas chiant. Il ne dira pas que fumer tue, qu'elle devrait fumer moins, qu'elle devrait attendre un peu. Il lui demande gentiment s'il peut lui en voler une. Elle ne répond pas et lui tends le paquet. Il sent la fumée envahir sa bouche pâteuse. Sensationpartagée. Agréable et écoeurante. Elle ouvre le congélateur. Sort une baguette. La place dans le micro-onde. 5 min. DING! Elle insère encore un disque des Who (who's next) dans le lecteur. Elle commence à se dandiner, à hocher la tête. Ce n'est pas très violent, mais il a mal au crâne. Il ne dira rien. Rock n' roll for ever. Ne plus être sensible. Paraître fort. Ne pas y penser. Elle parle encore de Keith Moon. Il est beau. Il joue bien de la batterie. Il faut qu'il écoute les relances et les roulements. Il ne dira rien. Rock n' roll for ever. Ne plus être sensible. Paraître fort. Ne plus y penser. Wish you were here. Mais elle est ailleurs.
Il ne parle pas beaucoup. Parce qu'il ne peut pas tout dire. Parce qu'il ne veut pas en parler. 13:00. Il pense déjà au soir. Lui faire l'amour. Encore. Sentir les frissons lui parcourir le dos. Décharge électrique qui remonte le long de sa colonne vertébrale. Sentir ses mains attraper ses fesses. Ses poils se dresser. La sueur couler le long de ses joues. Ne pas arriver à garder les yeux ouverts. Jouir. Rester en elle. La regarder. Se perdre dans ses yeux. Sourire. Bêtement. Sourire. Encore une fois, il sera incapable de parler. De décrire ses sentiments. De lui dire qu'il l'aime. De lui dire que c'est la première fois qu'il ressent ça. Et cætera. Ses sourires parlent peut être pour lui. Ses yeux hagards aussi. Elle approche sa bouche de son oreille. Ses lèvres se déserre pour chuchoter: « Je n'ai jamais désiré quelqu'un comme toi ». Il ne veut pas écouter. « Tu es beau ». Elle doit dire cela à chaque fois. « Je t'aime ». Ne pas faire semblant d'attendre. Ne pas faire semblant d'être tendre. Ne pas faire semblant d'y croire. Ne pas faire semblant que le noir attire. Voir pire. Comment le dire: « En ce moment je transpire ». L'écouter dormir. « Non rien, rendort toi ». Il n'entend plus rien. Il profite de cet instant. Il contemple ses petites fossettes. Son regard descends le long de son cou, de ses épaules, il s'attarde un peu sur ses seins puis sur son nombril. Il aime le dessin que font ses os iliaques sur le bas de son ventre. Il ne veut rien oublier. Il veut se rappeler. Garder avec lui ce souvenir et l'emporter. Regarder ces lignes. Son coeur a du s'arrêter de battre. Une seconde de gagner sur la vie. Petite mort. Il revient sur Terre. 3 café, quelques tartines, beurre salée et confiture d'abricots. Petit déjeuner devant M6. Manger - Télé. 14:OO. Ils n'ont pas bougé. La chaleur interdit le moindre geste. Ils restent dans le fauteuil, moitié assis, moitié allongé. Dans le même fauteuil. Enlacé. Pas assez de place pour deux. Il est un peu mal à l'aise. Pour deux. La télé est maintenant éteinte. Ils écoutent de la musique. Sans parler. La musique empêche le silence de s'installer. La musique empêche les anges de passer. La musique empêche l'angoisse... Il l'embrasse sur le front. Une goutte perle au coin de son œil. Elle lui propose de cuisiner un bon plat ce soir. Il aurait aimé l'emmener au restaurant, et manger le blanc de ses yeux. Parce qu'il n'a plus faim. Faire les amoureux, l'espace d'une soirée. Prendre place en terrasse. Eviter les pizzerias et les accordéonistes. Demander des bougies. Ecrire son nom sur la table. Et rentrer rapidement parce que l'orage guette... Elle préfère rester ici. Alors il a dit:«tant pis». Elle ouvre le réfrigérateur et constate qu'il reste peu d'aliments encore digérable. Un pot de crème fraîche, qu'elle ouvre en faisant une grimace, qu'elle replace ensuite au fond du frigo, une moitié de tomate désèchée, et un yaourt, celui-ci non périmé. «Je pense qu'il faut aller faire des courses». 15:OO. Ils entrent dans le supermarché. La climatisation leur redonne quelques forces. Ils ont bien cru qu'ils n'arriveraient jamais jusqu'à la porte automatique. La pollution suffocante appuie sur leurs poumons. L'air frais du rayon surgelé allège petit à petit ce poids écrasant. Ils errent, main dans la main, au milieu du pain de mie. Ils regardent les poulets emballés sous cellophane. En souriant. Le ventre serré devant les pizzas surgelées. Il est incapable de se souvenir de ce qu'il était venu chercher, une fois devant les étagères. Il regarde les produits défiler sur le tapis roulant. Il écoute la mélodie des codes barres. Il écoute la douce voix de la caissière. 33 euros 80 centimes. Ils sortent et retrouvent l'odeur désagréable des pots d'échappements l'été et du bitume qui fond. Le sac en plastique lui coupe les doigts et lui tire sur le bras. 16:OO.Peu d'action. Rangement. Câlin. Courte discussion sur le dernier livre qu'elle a lu. Une pièce de théâtre écrite parun chinois. Il ne se souvient pas du nom. Il a écouté pourtant. Câlin. Cigarette. Câlin. Sexe. 18:00. La température extérieure commence à redescendre. Mais il fait encore trop chaud. 19:00. Préparer le repas. 20:00. Manger - Télé. JT, encore un attentat en Israël, des représailles en Palestine. La canicule devient dangereuse et les feux de forêt redoublent. Les nouvelles sont mauvaises. Météo, soleil, 33°C, nous fêterons les Christine. Publicités. Séries américaines. 21:00. Le repas fini, elle coupe le premier épisode. Il ne verra pas la fin. Peut être en rediffusion. Il ne fait rien, il ne dit rien et tout va bien. Elle le regarde. Il aurait aimé lui dire, que plus jamais il ne lui dira qu'elle est chiante. Il aurait aimé lui dire, qu'il adore quand elle est chiante et qu'en plus elle n'est pas vraiment chiante. Il aurait aimé lui dire qu'il a mal. Il aurait aimé lui dire, qu'il s'en fout de se gratter jusqu'au sang, de s'arracher la peau. Qu'il se fout de l'urticaire, de l'eczéma, de toutes ces crises... Parce que sa peau est douce. Il aurait aimé lui dire, qu'il a attendu ses coups de téléphone, vérifiant tous les quart d'heure s'il lui restait assez de batterie, ou s'il captait assez de réseaux. Se retenant de l'appeler. Un peu fier. Pour enfin entendre le son de sa voix vers deux heures du matin : «je vais me coucher, je suis fatigué, on se voit demain ?» Il aurait aimé lui dire qu'il voulait la voir, maintenant, juste pour lui parler, mais comme il ne parle pas beaucoup, juste pour la regarder. Parce qu'avec elle les silences ne sont pas pesants. Parce que la regarder lui suffit. Parce qu'il ne sait jamais quoi dire, et quand il l'ouvre, souvent une connerie sort. Il aurait aimé lui dire qu'elle ressemble à sa fée. Il aurait aimé lui dire qu'avec elle il peut s'envoler.«JE NE SUIS PAS UN PSYCHOPATHE». Il ne peut plus mentir. Elle ne se trompe pas. Elle trop intelligente pour se tromper. TROMPE LE MONDE, mais pas elle. Et il ne trompe personne. «Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con, que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet » (Pierre Desproges). 22:00. borderline : nom masculin invariable. Borderline est un mot anglais signifiant limite, intermédiaire. Etat pathologique de la personnalité, intermédiaire entre la névrose et la psychose (médecine). Se dit d'une forme d'affection intermédiaire entre deux formes différentes. Le trouble de la personnalité borderline est un trouble de la personnalité grave qui s'exprime par des humeurs changeantes, par des relations humaines troublées, par un manque de confiance en soi-même et aussi par des comportements auto agressifs.L'entourage personnel doit souvent supporter les conséquences de ces instabilités qui nuisent aussi à l'image de soi du malade, à sa vie de tous les jours et à son projet de la vie. 23:00. Il est fatigué. Il fait semblant d'être fatigué. Il a envie de se coucher. Il ne dormira pas. Il se force à bailler. Il se force à pleurer. Il se frotte les yeux et y arrive à peu près. Au bout d'un quart d'heure, elle se décide à lui demander. «Tu as l'air fatigué, tu veux peut être aller te coucher ? J'arrive tout de suite, il faut encore que j'appelle ma mère». Il se déshabille et se vautre sur le lit. Elle s'enferme dans la cuisine. La communication ne dure pas longtemps. Elle sort, resplendissante dans la lumière fade des néons. Elle s'assoit sur le bord du lit. Il regarde encore son dos. Nue, Elle se blottie contre lui. Il sent son cœur battre. Il commence à la caresser. Lumière éteinte. Etreinte. 00:00. Il voulait l'emmener ailleurs. Loin de cette ville. Loin des ennemis. Loin des autres pensées. Juste deux jours en amoureux. Sans paranoïa. Dans un petit hôtel, à se faire amener le petit déjeuner au lit. Sans personne pour venir perturber leur tranquillité. Sans avoir besoin de se cacher. Sans avoir besoin de se protéger. Sans avoir besoin de se défendre. Pas de coups à rendre. A ne rien faire. Juste pour elle. Faire une promenade sur le bord de la plage. Ecrire son nom sur le sable. Et rentrer rapidement parce que l'orage guette... Elle préfère rester ici. Alors il a dit: «tant pis». 01:00. Ils vont jouir. Ils se souviendront de cette nuit, comme de leur première cigarette. Ils feront l'amour jusqu'à ce que cette nuit soit gravée dans leur mémoire. Ils vont jouir ensemble. Il veut la voir voyager dans ses bras. Perte de repère. Il ne sait plus où il est. Il se laisse aller. Peut être a-t-il jouit avant elle. Il commence déjà à se prendre la tête. Peut être n'est il pas de taille. Combien de centimètre faut t il? Sera-t-il un jour le prince charmant ? Armé. Ne plus se sentirsimplement amant. Cette nuit... Cette nuit sera la plus belle. Cette nuit, la Lune ne brille pas. Alors il se contentera de la lumière des lampadaires. Cette nuit, les oiseaux ne chantent pas. Alors il se contentera du bruit des voisins qui font la fête. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Le paradis aussi. 02:00. Le temps passe, fuit. C'est encore lui qui la suit. 03:00. Chaque centimètres carrés de sa peau frissonne. Il claque presque des dents. Son visage tremble. Sentir le goût de ses lèvres, le goût de sa peau, son odeur. Tenir ses hanches fermement entre ses mains. Et se souvenir. Ils se sont séparés. La première fois, après une semaine sans se voir, ils ont été boire un café, après un quart d'heure de discussion, ils se sont embrassés, après une heure dans ses bras, ils sont allés chez elle... Il a cru qu'ils ne pourraient jamais se quitter. 4:00. Il se retourne. Epuisé. Elle se redresse et elle allume une cigarette. Pensée : Il aimerait savoir où iront ses petits pieds. Dans quelle direction. Pas pour la suivre. Juste pour savoir. Il ne veut plus la croiser. Il s'est perdu. Il aurait du prendre une autre route. Marcher vingt secondes sur le bord de l'autoroute. Marcher à gauche. Regarder la mort en face si la vie est moche. Il aurait aimé la rattraper encore dans la rue, à trois heures du matin, s'asseoir sur les marches d'un vieil immeuble, la suppliant de ne pas le quitter, lui expliquant qu'elle ne peut pas partir comme ça. Attendant qu'elle le serre dans ses bras, jouant l'affectif, avec son meilleur sourire et ses regards d'enfants battus. 5:00. Elle s'est enfin endormie. Sa respiration est plus lente et plus forte. «Je ne peux pas rêver si je ne peut pas dormir la nuit» Il aurait aimé lui dire, qu'il aime se réveiller vers six heures, se pencher sur le côté et la regarder dormir. Sourire. L'écouter inspirer, puis souffler. Approcher la main de ses cheveux et s'arrêter avant de la frôler, pour ne pas la réveiller. Il lui en veut tellement. Il a tout inventé. Elle ment. Schizophrène, légère dégénérescence. Il veut un dernier moment. Pas un rêve, pas un cauchemar, pas une danse, pas une histoire, il pourrait aisément claquer la porte. Difficilement oublier ce qu'elle apporte. S'éloigner comme un héro, sans espoir de retour. Mais il veut encore lui faire l'amour. Il y a quelques mois qu'ils ne sont plus ensemble. Il y a quelques mois qu'ils se sont séparés. Pourtant ils sont là étendu dans les bras l'un de l'autre. Craquer à chaque fois qu'ils se voient. Craquer à chaque rencontre comme si c'était la première fois. C'est peut être là seule chose qu'il ne comprend pas. Deux ex qui couchent encore ensemble cela n'a rien d'original. Plutôt banal. Parfois un peu sale. Faire comme si c'était normal. Faire semblant de ne pas voir. Aveugle au royaume où il fait noir. Le sens interdit. L'impasse. Il avance droit dans un mur et pour l'instant il n'échangerait pas sa place. Il se déplace mais n'arrive pas à sortir. Il se déteste, il a envie de vomir. Il n'a plus d'amour... propre mais il n'arrive pas à faire demi tour. Devenir sourd. Comment rester avec elle quand... Légère dégénérescence. Il n'a rien entendu. Un peu schizophrène. Il préfère creer des histoires.Souffrir encore quelques instants pour ne pas lui en vouloir. Ou si peu. Un dernier week-end? Pourquoi? Il peut la laisser comme ça. Partir. La laisser là, toute seule, abandonnée. Elle dit toujours qu'elle n'a besoin de personne, alors il peut s'en aller. Tranquille. Ne plus être l'enfant sage. Ne plus exprimer sa rage. Contenir. Peut être de passage. Il est un peu énervé. Il essaie de se souvenir. Il a occulté une partie du conte de fée. Ils étaient allongés. Sur le lit. Un peu comme ce matin. Elle lui a dit : «On a besoin d'un peu de temps. Il nous faut du recul». «Son meilleur ami? Elle raconte que des conneries. Elle n'avait rien promis, mais elle a dit, deux semaines auparavant, «c'est pas mon amant» ». Il n'a pas répondu, peut être un peu trop confus. Lundi, il ne l'embêtera plus. Peut être qu'il l'embêtera encore pendant une semaine, ne pouvant s'empêcher de l'appeler, de lui écrire. Puis il cessera de l'appeler, de lui écrire. Puis il l'oubliera, comme il oublié les autres. Il lui rendra les quelques affaires qu'elle a laissées chez lui. 2 T.shirts, 1 paire de chaussettes. Il glissera tout ça dans un colis puis dans une boite au lettre. Il ne veut plus la voir. Il ne veut plus la croire. Amant. Elle trouvera sûrement mieux. Avant. 06:00. Il se lève. Il la regarde dormir. Il se dirige vers la salle de bain, se passe un petit peu d'eau sur le visage. Il la regarde une dernière fois. Il s'assoie sur une chaise et commence à chialer. Il retourne dans la salle de bain. Il place sa tête sous le robinet une seconde fois pour faire dégonfler ses yeux. Il veut sortir décent. Ne plus perdre la face. Il a encore un peu de mal à respirer. Il se rassoie sur la même chaise et attends de reprendre son souffle. Il voudrait écrire quelque chose. Un petit mot et le déposer sur la table de la cuisine ou sur la porte du Frigidaire. Il n'a pas l'inspiration des poètes. Il ne va pas s'enfoncer une fois de plus. Il est déjà tombé trop bas. Il repose le stylo. Se lève. Dépose un baiser dans son cou. Il tourne les trois verrous. Appuie sur la poignée. Ouvre la porte et regarde les escaliers. Il se retourne une dernière fois avant de descendre. Il ferme la porte sans la claquer. Il part. En silence.

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Publié le 8 Juillet 2006

how can I dream if I can't even sleep at night

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Publié le 20 Juin 2006

Ils se sont réveillés samedi matin, dans les bras l'un de l'autre.
MENSONGE. Elle dormait sur le coté. Il ne voyait que son dos. Il attrape son téléphone pour regarder l'heure. 6H00. Il n'a pas beaucoup dormi. Il n'est pas fatigué. Il n'a pas envie de dormir. La chaleur moite du mois de juin, l'empêche de rêver. Sa peau colle à la couette.
Il transpire. Il se découvre un peu, laissant apparaitre son maigre torse. Il passe sa tête au dessus de son épaule, pour la regarder dormir.
Il se ralonge, croise les doigts derrière sa tête et attends. 8H00. Elle ouvre enfin les yeux. Elle ne le regarde pas tout de suite. Elle se frotte un peu les paupières, pour les décoller. Elle
ne sourit pas. Elle a le regard ailleurs. Peut être vont ils vers un
autre. Déçu, il fait semblant de dormir et se retourne sur le flanc.
Une seule phrase: "parfois la vie n'est pas une chienne"
Il craque.
Change de sens en souriant. Il veut la serrer dans ses bras. Il craque toujours le premier. Peut être n'a t'elle pas besoin d'affection ? Peut être n'aime t'elle pas la chaleur de ses bras ? Peut être qu'il pue, après avoir sué toute la nuit ?

[...]

Ils se lèvent enfin. Il la regarde enfiler sa culotte. Il aime regarder ses fesses sortir du lit. Il aime la regarder s'habiller.
Il se dirige vers la cuisine et comme s'il était chez lui, il met de l'eau dans la casserole, la casserole sur les plaques électriques et commence à préparer du café. Elle sort de la salle de bain. Les cheveux en vrac, les yeux encore un peu rouge du sommeil. Un rayon de soleil s'échappe de la fenêtre pour venir découper son visage et l'éblouir. Elle fronce les sourcil et laisse apparaitre sa petite ride du soucis, sur son front. Elle attrape son paquet et allume une cigarette. Ce matin, il ne fera aucune réflexion. Il ne sera pas chiant. Il ne dira pas que fumer tue, qu'elle devrait fumer moins, qu'elle devrait attendre un peu. Il
lui demande gentiment s'il peut lui en voler une. Elle ne répond pas et lui tends le paquet. Il sent la fumée envahir sa bouche pâteuse. Elle ouvre le congélateur. Sort une baguette. La place dans le micro-onde. 5 min. DING !
Elle insère encore un disque des Who (who's next) dans le lecteur. Elle commence à se dandiner, à hocher la tête. Ce n'est pas très violent, mais un peu le matin.
Il ne dira rien. Rock n' roll for ever. Ne plus être sensible. Paraître fort. Ne pas y penser. Elle parle encore de Keith Moon. Il est beau. Il joue bien de la batterie. Il faut qu'il écoute les relances et les roulements. Il ne dira rien. Rock n' roll for ever. Ne plus être sensible. Paraitre fort. Ne plus y penser.

Wish you were here. Mais elle est ailleurs.
Il ne parle pas beaucoup.
Parce qu’avec elle les silences ne sont gênant.
Parce qu’il ne peut pas tout dire.
Parce qu’il ne veut pas en parler.

[...]

Il voulait l'emmener ailleurs. Loin de cette ville. Loin des ennemis. Loin des autres pensées. Juste un weekend en amoureux. Dans un petit hôtel, à se faire amener le petit déjeuner au lit. A ne rien faire. Juste pour elle. Faire une promenade sur le bords de la plage. Écrire son nom sur le sable. Et rentrer rapidement parce que l'orage guette...
Elle préfère rester ici
Alors il a dit: "tant pis".

[...]

Il pense déjà au soir.
Lui faire l'amour.
Frémir, vibrer, trembler. Sentir les frissons lui parcourir le dos. Décharge électrique qui remonte le long de sa colonne vertébrale. Sentir ses mains attraper ses fesses. Ses poils se dresser. La sueur couler le long de ses joues. Ne pas arriver à garder les yeux ouverts. Jouir. Rester en elle. La regarder. Se perdre dans ses yeux. Sourire. Bêtement. Sourire.
Encore une fois, il sera incapable de parler. De décrire ses sentiments. De lui dire qu'il l'aime. De lui dire que c'est la première fois qu'il ressent ça. Et cetera
Ses sourires parle peut être pour lui. Ses yeux hagards aussi.
Elle approche sa bouche de son oreille. Ses lèvres se déserre pour chuchoter: "Je n'ai jamais désiré quelqu'un comme toi". Il ne veut pas écouter. "Tu es beau". Elle doit dire cela à chaque fois. "Je t'aime". Ne pas faire semblant d'attendre. Ne pas faire semblant d'être tendre. Ne pas faire semblant d'y croire. Ne pas faire semblant que le noir attire. Voir pire. Comment le dire: "En ce moment je transpire". L'écouter dormir. "Non rien, rendort toi". Il n'entends plus rien. Il profite de cet instant. Il contemple ses petites fossettes. Son regards descends le long de son cou, de ses épaules, il s'attarde un peu sur ses seins puis sur son nombril. Il aime le dessin que fait ses osciliaques sur le bas de son ventre. Il ne veut rien oublier. Il veut se rappeler. Garder avec lui ce souvenir et l'emporter. Son cœur a du s’arrêter de battre. Une seconde de gagner sur la vie. Petite mort.

[...]

Il aurait aimé peindre xxxx xx xxx xx xxx xxxxxxx.: "xx xx xxxx xxx xxxxx xxx xx xxxxx". Il ne peut plus mentir. Elle ne se trompe pas. Elle trop intelligente pour se tromper. TROMPE LE MONDE, mais pas elle. Et il ne trompe personne.

[...]

Ils entrent dans le supermarché. Il fait frais. La climatisation leur redonne quelques forces. Ils ont bien cru qu'ils n'arriverait jamais jusqu'à la porte automatique. La chaleur et la pollution suffocante appuie sur leurs poumons. L'air frais du rayon surgelé allège petit à petit ce poids écrasant. Ils errent, main dans la main, au milieu du pain de mie.
Ils regardent les poulets emballer dans du cellophane. Il ne sait pas ce qu'ils vont manger ce soir. Il va chercher des petits pois et il est incapable de se souvenir de ce qu'il était venu chercher, une fois devant les étagères. Il regarde les produits défiler sur le tapis roulant. Il écoute la douce mélodie des codes barres. Il écoute la douce voix de la caissière. 33 euros 80 centimes. Ils sortent et retrouve l'odeur désagréable des pots d'échappements l'été et du bitume qui fond. Le sac en plastique ne lui coupe pas les doigts et ne lui tire pas sur le bras. Ils rentrent.

[...]


Il aimerait savoir où vont ses petits pieds. Dans quelles direction. Pas pour la suivre. Juste pour savoir. Il ne veut plus la croiser. Il s'est perdu. Il aurait du prendre une autre route. Marché 20 seconde sur le bords de l'autoroute. Marcher à gauche. Comme toujours. Approuver et regretter. Regarder la mort en face. Il veut la regarder avancer. Il aimerait savoir ce qu'elle fait.
Lundi, il ne l'embêtera plus. Peut être qu'il l'embêtera encore pendant une semaine, ne pouvant s'empêcher de l'appeler, de lui écrire. Puis il cessera de l'appeler, de lui écrire. Puis il l'oubliera, comme il oublié les autres. Il lui rendra les quelques affaires qu'elle a oublié chez lui. 2 T. shirts, 1 paire de chaussettes. Il glissera tout ça dans un colis puis dans une boite au lettre. Il ne veut plus la voir. Il ne veut plus la croire.
Amant. Elle trouvera surement mieux. Avant. Elle a connu surement mieux.

[...]

Ne plus être l'enfant sage.
Ne plus exprimer sa rage. Contenir.
Peut être de passage.

[...]

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Rédigé par supersly

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Publié le 27 Mai 2006

Ce matin. Je me suis réveillé. Je me suis dirigé vers la cuisine. J'ai lavé une tasse et une cuillère. J'ai mis de l'eau à bouillir. Du café dans le filtre à café. J'ai attendu quelques minutes. J'ai versé le café dans la tasse. Pas de sucre.
Je me suis brûlé la langue. Sensation désagréable. Je me suis mordu la langue, en mangeant une tartine grillée, déjà tombé, cinq minutes avant, sur le côté confiture, naturellement. Je me suis coupé la langue avec les dents. Comme pour ne pas s'ouvrir les veines. Je n'ai pas réussi à te parler. Sans te faire de la peine. J'ai essayé.
Je n'avais qu'un couteau à beurre et une paire de ciseau jaune pour enfant. Je ne veux pas avoir l'air ridicule, allongé dans mon bain. Incapable de se suicider. Je ne suis pas décidé. Comme à chaque fois que je veux dialoguer. S'engager. Avouer. Et peut être jurer. J'ai peur de ne pas y arriver.
Je te déteste.
Je pourrais dire bonjour. Mais je ne veux pas. J'ai pas envie que la journée se passe comme vous en avez envie. Je veux qu't'en chie. Je veux qu't'en chie, tous les jours comme j'en chie. Je veux qu'il pleure. Je veux qu'il tremble. Je veux qu'il tombe. Tout seul car j'ai pas envie de le pousser. Pourrais t il s'il vous plaît se casser la mâchoire. Je voudrais croire. Qu'il ne l'embrassera pas ce soir.
Te regarder l'embrasser. Te regarder l'enlacer. Blasé. Toujours bien placé, mais mal classé à l'arrivée. J'y vais. Un jour je gagnerai. Je verrai bien où cela peut me mener. J'aurai bien aimé t'emmener. Mais tu préfères sûrement rester avec cet enculé.
Il m'a volé. Il a juste dit: "désolé". Il s'est en allé, avec cette fille super bien gaulée. Je te déteste. Petite peste. Je voulais entendre: "cette nuit, tu restes ?" J'ai pris une veste. J'ai pas froid. Je rentre chez moi. J'ai pas besoin de toi. Peut-être un peu de mauvaise foi.
"J'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir".
Pas besoin de le dire. Tu aurais pu m'envoyer pourrir et ne pas mentir. Autant j'aurai pu le sentir, le voir venir. Cette histoire se détruire. Quand tu préférais dormir.

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Publié le 27 Mai 2006

Ils partent sur un cheval blanc. Ils longent la plage. Ils regardent la mer et le soleil qui se couche dessus. Ils trouvent ça beau. Ils regardent aussi les petites vagues qui s'écrasent sur le bord, emmenant quelques grains de sable avec elles. Ils trouvent cela rigolo. Alors ils rient. Ils sont idiots et ne s'en rendent pas compte. La nuit tombe. Il lui dit qu'elle est belle, qu'il a rarement rencontré quelqu'un comme elle. Il s'approche et lui parle à l'oreille. Il lui parle des étoiles et de la lune (surtout de la lune, car il ne connaît pas grand-chose aux étoiles). Il parle de Mars, qu'on ne voit jamais en cette saison et qui ce soir brille comme rarement. Enfin il se lance: « Je peux t'embrasser? ». Ils sont heureux. Ils cherchent des noms pour leurs enfants... juste pour rire. Erwan si c'est un garçon. Et puis, ils arrêtent de parler de la grande maison qu'ils auront au bord de l'océan, pour s'enlacer. Ils s'emballent langoureusement. Leurs langues s'entrelacent. Ils se plotent un peu. Ils baisent.

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Publié le 27 Mai 2006

Je voudrais avaler de l'essence. Et brûler de l'intérieur. Ne plus jouer avec la douleur. Sentir mon coeur se consumer, ne plus jouer avec la peur. Combustion totale ou partielle. Je la trouvais pourtant belle.
« Regarde une dernière fois dans ma direction
Dis-moi que je suis de trop
Et je m'éloignerai vers l'horizon
Je ne supporte plus de voir ton dos. »
Loin de toute cette merde, qui détruit mes intestins et m'inflige trop de souffrance. Je veux dégueuler mes mots et je veux chier mes vers sur cette rue. Courir, fuir, m'échapper. Je n'arriverai pas à l'enfermer. Je disais : « Attraper, attraper, attraper. » Quand elle disait : « Regarde plutôt mon cul. »

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Rédigé par supersly

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