Publié le 15 Septembre 2005

il a arrêté de fumer. changer le regard des gens. ne plus entendre parler de sa santé physique et financière. ne plus cracher ses glaires dans le lavabo, le matin. ne plus cracher ses glaires à chaque retard, à chaque cent mètres, à chaque fois qu'il faut courir pour se rattraper. il ne veut plus sentir l'envie, le besoin, l'impossibilité de vivre sans, le manque, pour chaque stress, pour chaque contrariété, pour chaque moment où la route n'est plus droite, à chaque fois que son coeur s'accélère, que ses mains sont moites, que ses jambes tremblent.
il ne veut plus avoir l'impression de ne rien faire quand il discute avec elle.

il a arrêté de ne rien faire. rester actif. ne plus s'allonger sur le canapé et passé la moitié de la journée dans cette position. refaire du sport, comme quand il était gamin. il a du tout essayer, le tennis, la natation, la course à pied. rien n'a réussi. il ne veut plus entendre les moqueries à chaque performance. gagner. il ne sera pas le dernier arrivé sur la ligne. il va retrouver la santé. elle ne s'inquiète pas pour lui. il peut franchir les obstacles. il manque encore un peu d'entrainement, mais il a repris goût à la compétition. il ne restera pas dans les starting block. il va décoller.


il a arrêté de bouffer de la merde. il aime les sucres lents, mais il n'aime plus la sauce bolognaise industrielle. besoin de vitamine. besoin d'un frigo plein. besoin de fruits et de légumes. les protéines manquent. il ne restera pas sur le carreau, en crise d'hypoglycémie. il veut reprendre du poids. 60kg pour 1m80. il ne veut plus avoir honte de se déshabiller. sans complexe. il veut qu'elle le regarde avec les yeux qu'ont les femmes dans un spectacle des chippendales. il veut frimer. personne n'aime l'anorexie. il veut se trouver beau quand il passe devant un miroir. il veut être fier. bomber le torse. avancer sans baisser les yeux. sourire.

il a acheté un nouveau costume. il s'est lavé et rasé. il a jeter sa tondeuse électrique à la poubelle. il est allé chez Tony and Guy. il s'est coiffé. il ne veut plus des cernes violettes sous ses yeux jaunes. ses yeux sont bleus, son teint rose. il est frais et disponible. à l'écoute. disposé à répondre à n'importe quelle question. dans sa chemise blanche, dans son petite pantalon qui moule les fesses. il veut entendre les filles, assises sur les terrasses des cafés, dire qu'il a un beau cul, qu'il est bien gaulé, qu'il ressemble à un acteur de cinéma. juste les faire baver, sans les faire rêver, sans les emmener au septième ciel. juste fantasmer sur son corps parfait.

il a trouvé du travail

il a fait le ménage dans son appartement et dans sa vie. plus de poussière. plus de vaisselle entassée dans l'évier, plus de trace au fond des wc, plus de poubelles qui envahissent le couloir. il veut les descendre une fois par semaine dans le container. faire le tri sélectif sans se tromper: verre, fer, carton, etc. il veut essayer de sauver la planète. il veut croire qu'il est sain et sauf. plus de pizza, plus de kébab, plus de boite de cassoulet. il ne veut plus remplacer le Mac do par un Quick parce qu’il n'y a plus de Burger king. passer l'aspirateur. passer la serpillère. passer un coup d'éponge sur la table. ne plus laisser les fourmis ramasser les miettes. virer les cannette de 8-6 et de 16.

il a arrêté de boire, de dire des conneries, de cloper comme un
con même quand il en a pas envie. de commencer et de finir ses journées par une cigarette, une bière. il a arrêté de regarder sans danser, sans parler. il a arrêté de bafouiller. il a arrêté d'écumer toutes les fêtes, tous les cocktails et tous les endroits où l'alcool est gratuit. whisky-coca, gin, tequila, vodka. rentrer chez soi en marchant droit, sans double vision. arrêter de s'écrouler la bouche ouverte, la lumière allumée sans savoir si le matin s'est levé ou si la nuit continue. sans aucun souvenir de la soirée. sans savoir ce qu'il a dit. arrêter d'essayer de recoller. arrêter de lui parler bourré, il veut la rappeler sans avoir honte de ne pas se rappeler.

il a arrêté de s'excuser. de toujours regretter. d'être désolé.
maintenant il a changé. il ne veut plus penser au passé, il ne veut plus se lamenter. mort, re-mort et encore des remords. il veut avancer sans revenir en arrière. oublier l'enfance, les défaites, les ruptures. penser aux autres, devenir clean, il n'est pas une proie. il ne veut plus se cacher, ne plus être fâché mais laisser les années avancer. il ne veut plus retourner sa veste, même quand il a froid. il aurait pu faire de la politique, à changer d'avis tout le temps, à prononcer ce qu'elle veut entendre. il veut dire non et s'affirmer.

il a arrêté de dormir. il a arrêté de se branler. il a arrêté de penser qu'il aurait peut être pu la sauter. qu'elle aurait peut être kiffer. il ne veut plus se réveiller la nuit. trempé. il ne veut plus sentir la transpiration. il ne veut plus imaginer. ses baisers, ses caresses, leurs nuits torrides interminables. il ne veut plus inventer les histoires, les mots qu'il aurait prononcer doucement dans son oreille. il veut s'engueuler pour de vrai, se déchirer comme dans les films. il veut se battre pour la protéger, trouver la solution, trouver la sortie, échanger l'espoir et l'alcool contre l'amour et l'eau fraiche.
il veut s'envoler, il ne veut pas s’écraser.

il a troqué sa guitare contre une matraque. il est devenu fort,
armé, blindé, il a forgé sa carapace et son épée. il est paré pour affronter, tous les maux et les tempêtes.il préfère crever que de subir une nouvelle défaite. il ne veut plus finir isolé. il ne veut plus être prisonnier. il n'est pas mauvais joueur, mais il n'aime pas les tricheurs. il a vu son manège. il a passé l'age. il n'a plus cinq ans. il ne joue plus aux cowboy et aux indiens. telle peut l'appeler Jesse James, cela ne changera rien. plus rien ne peut l'atteindre. la bave du crapaud... il aurait aimé se transformer en prince charmant, quand elle l'as embrassé... mais il est devenu ce guerrier.

il a arrêté de mentir à lui même, à sa mère, aux autres. plus de
complexe. tout va bien. il commence à croire que tout est possible. qu'il peut marcher dans les rues sans avoir peur. qu'il peut  rentrer chez lui la nuit. en oubliant l'éventreur, l'agresseur, les femmes qui rentrent chez elles. quand il rentre seul. quand il rentre dans la danse. quand il rentre dans l'avenir, à grand coups de pieds, comme on défonce une porte. il veut tout ce que la vie apporte. les fleurs, les pleurs,. le bonheur. il a arrêté de se plaindre. il a arrèté le remords, à grand coups de mâchoires. les dents longues. croquer, mâcher, mastiquer. bouffer. incisif. ne plus changer de trottoir. ne plus avoir peur du noir. il veut être un modèle. un superhéros. ressembler à ceux qu'elle admire.

il a arrêté de vomir. fragile. objet cassant. à manipuler avec
précaution. sans garantie prolongée. faire attention aux défaut de fabrication. il pense trop et agis peu. il a laissé trop de chose lui passer sous le nez, il n'est plus à ça près. il est le nouveau prince charmant. il est le meilleur des amants. elle sait qu'il n'est pas un saint, mais c'est un type bien. il a arrêté de compter sur les autres. il assume. il ne dépend plus de personne. exploser. il est le premier sur cent mètres. comme Karl Lewis il veut la mettre. il sentir le vent dans gueule en pleine vitesse. il veut battre le record, fort, intelligent, marrant, romantique et plus si affinité.

il a bien réfléchi

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Publié le 6 Août 2005

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Publié le 7 Mai 2005

Seul au fond d'un bistrot.

Ne reste t'il que les alcooliques et ceux à qui on a posé un lapin, pour se retrouver seul au fond d'un bistrot ? J'attends, mais personne ne vient. D'ailleurs, je n'attends personne. Alors, personne ne viendra. Je sirote mon troisième demi. Les filles ne me regardent pas. Personne ne me regarde. Personne ne se regarde. Moi non plus. Une femme en rose rentre. Pantalon moulant rose. Veste de tailleur rose. Talons haut rose. Je suis sur que son string et son soutient gorge sont roses. Elle doit avoir cinquante ans et peu de charmes, malgré un corps encore agréable. Elle parle fort. Je devine qu'elle connait les serveurs, car elle les appelle par leurs prénoms. J'imagine que nous allons sortir en même temps et qu'elle va me draguer comme une femme mûre dans un fantasme.

RFM ne cesse de diffuser des slows. 1990, Mickeal Jakson, Heal the world. Je n'avais pas écouté cette chanson depuis les boom en cinquième:

" Tu veux danser ?

- oui

- ...

- vas y je te regarde "

Toujours les mêmes bières dans un coin de salle sombre. Toujours le même silence, au milieu de musiques impuissantes. Il n'y a plus rien à voir. A part mon verre qui diminue. Il n'y plus rien à boire. Il n'a pu rien avoir. Je sens mon coeur rétrécir, s'étriquer, se resserrer. On aurait pu choisir l'estomac comme symbole de l'amour, car il me fait mal. J'ai mal au coeur comme une envie de vomir. Il n'est pas trop tard. Trop de bières. Je vais sortir, reprendre le métro. Rentrer chez moi et ne plus y penser.

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Rédigé par supersly

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Publié le 7 Mai 2005

C'est l'été. Je monte les escalier. Il fait chaud. Arrèté sur le palier, un son m'intrigue. Je repense immédiatement à la blague qu'on m'a raconté peu de temps avant, dans le bar où je me trouvais. Un mec rentre chez lui. Il entends du bruit dans sa chambre. Il trouve sa femme, nue, au lit, un cigare fumant dans un cendrier à coté d'elle. Il lui demande: "Il vient d'où ce cigare ?". Elle ne répond pas. Il recommence: "Il vient d'où ce cigare ?". Aucune réponse. Il s'énerve: "Il vient d'où ce cigare ?". Un homme lui répond du placard: "De Cuba, connard !". J'ai du mal à rassembler mes esprits et je ne veux pas faire de bruit. J'ouvre la porte, je rentre sur la pointe des pieds. Toutes les lumières sont éteintes. La télé est en marche et éclaire le canapé en velour bordeaux. Elle ne m'entends pas, malgré le volume baissé au minimum. Elle est allongé et elle regarde une vidéo porno. Elle se carressse doucement. Ses petits gémissement et sa respiration accélérée. Elle ne regarde plus l'écran, ses yeux sont fermés. Je regarde silencieusement sa main faire de petits va et viens dans sa culotte. Le tissus blanc est légèrement mouillé. Je ne dis rien, je continue à la regarder. Je ne veux rien gâcher. Mon sexe est tendu. Il appuie sur les boutons de mon jean et me fait mal. Je glisse ma main dans mon pantalon et ne résiste pas, moi aussi, à l'envie de me branler. Je sais qu'elle m'entends, mais elle fait semblant d'être imperturbable. Illuminé par ces grosses chattes et ces trous du cul, elle n'écoute que les cris de couples qui jouissent. Je ne résiste plus et m'approche. Je pose mes lèvres sur les siennes. Je pose main sur la sienne. Je passe mon autre main dans ses cheveux. J'ouvre un peu la bouche et enroule ma langue autour de la sienne. Elle se cambre. Nos mains s'interchangent. Mes doigts sont plaqués contre son sexe humide, son poignet ferme m'indique le rythme. J'ôte ma main collante, j'éfleure son nombril avec mon majeur, qui frissonne à ce contact. J'attrappe ses petits seins et je les avale comme deux pommes. Je mordille ses tétons dressés. Elle déboutonnent mon pantalon, dégraphe ma ceinture, sort ma queue de mon caleçon, enlève ma tête de ses nichons et plonge ma verge au fond de sa gorge. Elle ouvre enfin les yeux et me fixe. Son regard est insoutenable. Je carresse ses fesses et je fait descendre son slip le long de ses cuisses. Elle continue de se masturber en me suçant. Elle se redresse. Je suis assis, elle s'avance. Elle s'assoie sur mes genoux, prends ma bite entre ses doigt et se carresse le clitoris avec, avant de la mettre. Le film s'arrète. Mes jambes sont tétanisés. Le magnétoscope rembobine la K7. Pendant quelques instants elle fait tous les mouvement. Puis, l'extase m'exitant, je me lève, ses jambes entrelassés autour de ma taille, je l'adosse contre le mur. Elle empoigne mes fesses dans ses petites mains et mes mouvement de hanches se font de plus en plus rapide. Ses petits gémissements et ses cris. J'aime sentir son souffle dans mon oreille quand elle ne m'embrasse pas par peur d'asphyxie. Elle me demande en chuchotant de la reposer. Elle vers le divan. Je regarde son dos et ses fesses. A genou devant le coussin rouge, elle remue le bassin comme elle danse. Elle écarte les cuisses et recommence à se branler. Je ne la laisse pas seule longtemps. J'appuie sur ses épaules pour la pencher en avant. Ses seins frottent sur le velour. Elle tourne la tête...

Nous avons jouis ensemble. Elle s'est endormi sur le tapis. La neige stromboscopique éclaire son visage. Elle est nue. Elle est à coté du canapé. Elle est belle. Elle n'a pas froid. Je récupère mes affaires, je l'embrasse sur le front. J'ai soif, j'ai envie d'aller boire une bière. Je n'ai pas envie de rentrer trop tard, je suis fatigué, je bois juste une pression et je rentre me coucher.

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Rédigé par supersly

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Publié le 9 Mars 2005

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Publié le 9 Mars 2005

Marcher avec elle. La nuit et sous la pluie. Vincennes à Nation environ 30/40 minutes. Marcher avec elle. Dans les flaques. Mes semelles prennent l'eau. Adidas galaxy se noie comme le chagrin dans l'alcool. Mon manteau a été volé la semaine dernière. Alors mon pull humide colle à mon sweat, colle à mon T.shirt, colle à ma peau. Nous discutons. Je parle beaucoup, elle ne parle pas autant que je souhaiterai. Elle écoute beaucoup, je n'écoute pas autant que je le souhaiterai. Marcher avec elle. Le long de ses grandes avenues. Il n'est pas très tard mais nous préférons marcher. Nous détestons attendre le bus, en fumant une cigarette, en espérant à chaque taffe qu'il arrive plus vite. Le chemin est monotone. Nous avançons tout droit et je ne veux pas franchir la ligne d'arrivée. J'aime lui raconter. En regardant mes chaussure, en regardant le trottoir, j'aime la sentir à coté de moi. J'aime sentir ses sourires. J'ai besoin de chaleur, ils me réchauffent. Février se moquait de moi. De mes basket trouées. De mes doigts de pieds moisis et de mes chaussettes, comme des serpillières. Il y a des moments où c'est la galère, mais c'est pas la galère. C'était bien. Je veux continuer avec elle. Je ne veux pas la laisser en bas de son bâtiment. Je ne veux pas lui faire la bise. Je ne veux pas rentrer chez moi. Je ne veux pas regarder mes pieds. Je ne veux pas fumer une dernière clope, à ma fenêtre. Je ne veux pas regarder la lumière allumée de l'immeuble d'en face. Je ne veux pas aller me coucher. Je ne veux pas me branler. Je ne veux pas penser à une autre fille. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas rêver.

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Publié le 9 Mars 2005

Je ne savais pas comment faire. Allongé sur le lit. Ma tête tourne. Mon estomac aussi. Je sens la dernière gorgée de rhum coincée au fond de ma bouche. Mon corps est plein. J'attends. La lumière allumée et les yeux ouverts. J'attends le moment où je vais devoir me lever précipitamment et courir jusqu'aux chiottes pour dégueuler. Je ne savais pas comment faire. Elle entre dans la chambre. " Tu m'as pris ma place, j'avais réservé ce lit. Il est trois heures du matin et je suis fatigué ". Je réponds par une onomatopée à peine compréhensible. AAAAARGH. Je fais semblant de ne pas entendre, me pousse vers le bord et me tourne lamentablement vers l'intérieur du lit. Elle s'allonge. Je ne savais pas comment faire. Je la regarde. Elle sourit quand elle rêve. Elle ouvre les yeux. Je ne savais pas comment faire. Elle arrive vers vingt trois heures. Je lui parle à peine. J'étais déjà saoul à vingt trois heures. Je ne savais pas comment faire. "Si ça ne marche pas, Je mets ça sur le compte de l'alcool. Il faut que je tente ma chance". Je n'en ai jamais eu beaucoup. Je ne savais pas comment faire. J'avance ma main discrètement sous le drap. Je frôle la sienne. Elle ne bouge pas. Elle s'est rendormi. Ses yeux sont fermés et son sourire est toujours accroché à ses lèvres. J'effleure son ventre. Elle se rapproche un peu. Je glisse le long de ses hanches et lui caresse le dos. Elle attrape mon bras puis mon épaule. Ses yeux sont ouverts, puis ils se referment. Je n'ai jamais cessé de la regarder. Pendant toute la durée de ce moment. Alors que les heures se sont arrêtées. Je n'ai jamais cessé de la regarder. Depuis qu'elle est arrivée. Elle n'a sûrement rien remarqué. Je ne savais pas comment faire. Je me décide à l'embrasser. Je caresse sa joue puis ses cheveux. Je ne comprends pas. Je commence à décuver, mais mon corps est lourd. Je ne sais pas ce que je cherche. Sûrement un peu de tendresse. Un peu de douceur. Elle me fait du bien. Juste un câlin. Juste du bien. Comme une pink cigarette. Je respire. Je pars. Comme sur un nuage, je flotte. Comme en pleine mer. Je coule. Désormais, je me laisse emporter, pas comme le vent, parce que c'est vraiment nian nian. Je retire mon T.shirt et lorsqu'elle passe ses mains sur mon torse... Je la serre très fort contre moi, comme pour ne pas la laisser partir. Je pourrais lui briser les os tant je veux sentir sa peau contre la mienne. Je ne veux pas lui parler. J'ai peur de tout gâcher. Je ne veux pas savoir. Je me laisse porter par cette agréable sensation de bonheur insouciant. Je réfléchirai demain. Peut être pas. Demain c'est loin quand le temps s'arrête.

Elle est à moi depuis ce jour. Je pèse des tonnes depuis qu'elle s'ennuie. J'ai peur et je deviens dangereux depuis que j'ai peur. Elle ne me quittera pas. J'emprisonnerai ses chevilles dans du béton. Mais je ne la laisserai pas s'envoler. Je ne supporterai pas de ne pas la voir. Je ne supporterai pas de la voir avec un autre. Je veux l'entendre dire qu'elle m'aime. Je veux sentir son souffle dans mon cou, pendant mes nuits d'insomnie et je veux sentir ses bras autour de ma taille. Je veux qu'elle me regarde encore comme son héros. Je veux...

Je me relève de ma chute lamentable. Je voudrais ressembler à Stalone dans Rocky et me relever au dernier round, mais le zero persiste.

Allongé la tête posée sur ses cuisses, je la regarde malgré les U.V. qui me brûle la rétine. Je ne dois pas être très sexy avec les yeux plissés et le visage crispés. Elle rayonne dans le contre jour. Je ne peux pas fermer les yeux. Je veux l'admirer dans ce décor clair, un peu superficiel. Nous avons marché sur les chemins roses bitumés du bois de Vincennes. L'herbe est verte et le ciel est bleu. Elle porte une robe rouge, qui contraste dans ce tableau. Je suis très sentimental quand les oiseaux chantent. Trouver un coin tranquille. Quand le ciel est bleu, les parcs parisiens sont pleins. S'asseoir sous un marronnier et profiter des cris des enfants qui jouent au foot. Je remercie le printemps de pouvoir poser ma nuque sur ses jambes nues. Elle ressemble à une actrice de cinéma, un peu comme Winona Ryder. Ses yeux fixe droit devant elle. Dans le vide. Elle a l'air ailleurs.

Elle piétine les fleurs que j'ai semées devant elle. Elle n'accepte pas mes présents. Et quand elle dit non, c'est non. Elle ne veut rien écouter. Elle monte le son de son walkman. Je peux presque comprendre les paroles. Mes mots sont moins intéressant que ceux de son idole. Je ne suis plus sa star. Elle boit ses mots sans se soucier du mal qu'elle me fait quand elle ne me regarde pas. Moi aussi je veux écrire : "Je suis venu te dire que je m'en vais... ".

La température ne doit pas excéder zero degré Celsius, il fait froid. Je rentre dans la chambre. Elle n'a pas bougé. Le dessin sur elle s'agrandit. Son nombril est toujours aussi joli. Je soulève délicatement ses doigts de son ventre. Je serre ses petites phalanges gelés entre mes paumes et repose sa main le long de son corps étendue. Je la borde. Je m'assoie par terre, dos au mur, face lit.

Je crois que j'ai envie de pleurer

Mais les garçons ne pleurent pas

Je n'ai aucune raison de pleurer

Et ceux qui pleurent, ne pissent pas

J'ai pleuré

En regardant une rediffusion de Friends

En l'écoutant s'étonner

En sentant sa respiration accélérée

En la goûtant

Elle ne s'inquiète pas

Je n'ai rien touché

Même pas le bonheur

Même pas du bout des doigts

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Rédigé par supersly

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Publié le 2 Mars 2005

J'aime bien la regarder quand elle dort. Ses yeux à demi clos. Ses paupières qui s'agitent encore un peu, sûrement à cause de rêves, où je ne suis pas là pour la défendre. Ses longs cils qui tombent sereinement, plongée dans un sommeil apaisé.

Comment j'en suis arrivé là ? J'en sais rien. Comment elle est arrivée là...

11 septembre 1991, premier jour en sixième. Elle est assise au premier rang. Elle est brune et je ne vois que ses cheveux parfaitement coiffés. Je regarde ses mollets et ses petites socquettes vertes. Je suis installé juste derrière elle et je tuerai pour garder le deuxième rang toute l'année. Tous les garçons de la 6B regardent la même chose.

Elle, ne regarde personne.

Des grosses mouches volent sous la lumière blanche des néons. Leur bourdonnement m'endort. Je garde les yeux ouverts, mais plus personne n'existe.

Assis dans la cour, nous discutons. Adossé aux grilles, nos Eastpack posés à coté de nous. Je lui tiens la main. Elle me regarde avec tendresse, et fait semblant d'être intéressé. Je lui parle de la dictée et des questions de grammaire ou du contrôle de maths. Je lui annonce que je vais me mettre au piano. Je lui ai écrit un poème que je ne veux pas lui lire. Déposer une fleur dans ses cheveux. Aller dans le photomaton de la gare, assise sur mes genoux...

Quelqu'un m'appelle; le cri et la répétition de mon prénom me ramène doucement à la réalité.

" présent ! "

Je sors difficilement de mes rêves. Un cahier de correspondance et un emploi du temps sont posés sur ma table. Toute la classe m'observe. Elle m'observe. Je rougis.

Elle, répond promptement à l'appel de son nom.

La cloche sonne et me réveille définitivement. Je regarde son bermuda en jean s'éloigner vers la sortie.

Elle ne me parlait pas beaucoup, elle préférait les quatorze-quinze ans, parce qu'une fille c'est plus mature. Elle m'empruntait mes cours et mes exos de temps en temps. La moindre de ses absences me rendait encore plus malade qu'elle ne devait l'être. Je l'ai vraiment trouvé débile lorsqu'elle s'est mise à fumer, mais je n'ai rien dit, je voulais rester cool.

Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage

La fumée contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde et du cyanure d'hydrogène

Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance

Fumer tue

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Rédigé par supersly

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Publié le 12 Janvier 2005

Il la regarde partir.

Il n'y a plus rien à dire. Il voulait lui parler, mais il n'a rien dit. Ses lèvres sont restées closes. L'état dans lequel elle le met, le rend incontrôlable. Sa bouche aurait balbutié quelques syllabes inaudibles. Elle aurait difficilement comparé ceci à des mots, puis il serait retourné six pieds sous terre, plus ridicule que jamais. Il n'aurait pas réussi à creuser un trou assez profond pour ne pas entendre ses rires.

"Si seulement elle savait. Si seulement je lui parlais".

Il est un "si seulement", quelqu'un qui vit pour ses regrets, qui chiale sa mère parce qu'il est seul, mais qui ne fait rien pour sortir de sa merde. Un épouvantail tout juste bon à effrayer les moineaux. Il ne s'effraie plus lui-même. Il ne peut s'empêcher de prendre un stylo et d'écrire sur le mur de sa chambre : "UN JOUR PEUT-ETRE."

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Rédigé par supersly

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Publié le 12 Janvier 2005

Les fées ont virevolté - autour de mon berceau -elles n'ont fait que parler - dire que je serai le plus beau - fatale réalité - me faire tomber de haut - elles ont dû se tromper- je ne suis pas ce héros - pourtant j'aurai encaissé - endossé le numéro - tes parents m'auraient même apprécié - poli, jamais un mot de trop - le paradis, j'y ai pas touché - je donne ma croix, mes clous, mon marteau - j'ai dû me tromper - je ne suis ce héros - A force d'imaginer - on se brûle, le soleil est trop chaud - crois-moi j'aurai même supporté - tous les couteaux dans mon dos - cela sans jamais pleurer - pour çà, je suis trop accroc - tout le monde a dû se tromper - je ne suis pas ce héros

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Rédigé par supersly

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